Pourquoi le Salon Officel de Paris à la fin des années 1870 courait-il à sa perte ?
- Art d'Histoire
- 15 janv.
- 2 min de lecture
Au XIXe siècle, le Salon de Paris est l'événement artistique incontournable.
Pourtant, à la fin du siècle, cette institution noble bascule.
Le temple de l'art cède la place à une logique commerciale effrénée, transformant l'exposition en un gigantesque "bazar" où l'on vient autant pour se divertir que pour admirer des œuvres.
Quand l'art devient une marchandise
L'idéal académique voulait que l'art soit libéral, c'est-à-dire détaché des contraintes financières.
Mais le désengagement progressif de l'État a forcé les artistes à "tenir boutique".
Le Salon devient alors une arène où il faut vendre.
Les critiques de l'époque, comme Étienne Delécluze, déplorent cet amas de peintures médiocres qui transforme le Louvre, puis le Palais de l'Industrie, en un vaste bazar.
Pour attirer le chaland, on n'hésite plus à utiliser les techniques des grands magasins.
En 1879, l'administration regroupe les œuvres par "groupes sympathiques" ou par styles, comme on classerait des marchandises dans des rayons.
L'arrivée de la "Fée Électricité" et du divertissement
Déjà largement critiquée pour s'éloigner des principes nobles à l'origine de sa création, on voit arriver en 1879 l'installation de l'éclairage électrique. Cette innovation choque les puristes.
Si elle permet au Salon de rester ouvert tard le soir et d'accueillir un public plus large (la fréquentation atteint les 683 000 visiteurs), elle change radicalement l'ambiance des lieux.
Le Salon n'est plus un lieu de recueillement, mais unen nouvelle foire.
On le compare désormais à un "Skating-Salon" ou aux Folies-Bergère.
Le public y vient pour flâner, se montrer et se divertir, transformant l'appréciation esthétique en une simple consommation de loisir.

Des tableaux accrochés jusqu'au plafond
La conséquence directe de cette massification est le manque de place.
Pour placer les milliers de toiles envoyées par des artistes désireux de vendre, on les empile sur les murs du sol au plafond.
C'est ce qu'on appelle l'accrochage "au skying".
Les œuvres placées tout en haut deviennent invisibles à l'œil nu, ce qui fait le bonheur des caricaturistes de l'époque.
Le dessinateur Cham s'en moque cruellement : il imagine des visiteurs obligés d'utiliser des échasses ou des longues-vues payantes pour espérer apercevoir les tableaux du dernier rang, transformant la visite en parcours du combattant.
Ce blog est tiré des fiches d'anthologies de sources primaires proposées par Art d'Histoire Academy.
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