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Les échanges de Vincent van Gogh en 1888 : entre tradition japonaise et réseaux d'avant-Garde



Arles, automne 1888. 


Vincent van Gogh est isolé dans ce pays qui lui semble un petit Japon et envisage, à l'instar de la tradition japonaise, des échanges de peintures avec ses amis peintres.




L'inspiration nippone



L'impulsion de ce réseau d'échanges provient directement de l'attrait de Vincent van Gogh pour la culture japonaise et du sentiment qu’il a, à la lecture de Louis Gonse, de l’existence d’une douce fraternité entre artistes et poètes du pays du Soleil Levant.


Il apprend de ses lectures que les artistes regroupés en société secrète, dont le Jing-Lar parisien est une sorte d’imitation, échangent durant ces rencontres des petits dessins, les surimono, précieusement imprimés. Rares à Paris, Vincent a néanmoins pu en consulter un exemplaire chez un collectionneur de sa connaissance.  


Faute de gravure, il entend échanger des peintures avec ses confrères, tous admirateurs des Japonais.



La peinture comme vecteur de fraternité



Le projet d'échange rassemble ainsi Paul Gauguin, Émile Bernard, Henri Moret, Charles Laval et Ernest Ponthier de Chamaillard


Paul Gauguin, Les misérables, Autoportrait dédicacé à Vincent van Gogh, 1888
Paul Gauguin, Les misérables, Autoportrait dédicacé à Vincent van Gogh, 1888

Le portrait s'impose comme la forme privilégiée de ce dialogue. À titre d’exemple, l’Autoportrait dédicacé à Paul Gauguin exécuté par Vincent van Gogh répond en miroir à la toile Les Misérables, Autoportrait dédicacé à Vincent van Gogh peinte par Paul Gauguin.


La toile Autoportrait avec portrait de Gauguin réalisée par Émile Bernard intègre visuellement son confrère dans son propre espace de représentation. D'autres envois croisés, tels que l'Autoportrait à l'ami Laval peint par Vincent van Gogh et l'Autoportrait à l'ami Vincent brossé par Charles Laval, confirment ces marques d'amitié et de confraternité.


Vincent van Gogh, Autoportrait dédicacé à Paul Gauguin, 1888
Vincent van Gogh, Autoportrait dédicacé à Paul Gauguin, 1888

Vincent van Gogh destine également quelques paysages à ses confrères : la peinture Les Chardons est pensée pour Henri Moret, tandis que la toile Le vieux Moulin est réservée à Ernest de Chamaillard. La composition Quai avec hommes déchargeant des chalands de sable aurait, de son côté, été destinée à Émile Bernard.


Le peintre néerlandais voit dans ce modèle japonais un système idéal d'échange avec ses amis peintres basés en Bretagne en attendant de les retrouver au sein de sa future et rêvée communauté de peintres basée à Arles.





Ce blog s’appuie sur les fiches d’anthologies de sources primaires proposées par  Art d’Histoire Académie  :


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