top of page
Rechercher

Le Tambourin : une taverne de Montmartre transformée en laboratoire de l'avant-garde parisienne ?

Vincent van Gogh, L'Italienne, 1887
Vincent van Gogh, L'Italienne, 1887

Au printemps 1885, un café du boulevard de Clichy tenu par une certaine Agostina Segatori va pour quelque temps se muer en galerie d’un genre tout particulier.




Un décor sur le thème de Tambourin



Le nom à lui seul suffit à décrire l'auberge qui affiche une décoration peu commune autour de l’instrument de musique simple et populaire, le tambourin, décliné sous toutes ses formes.


Vincent van Gogh, Panier de pensées, 1887
Vincent van Gogh, Panier de pensées, 1887

L’enseigne, les plats en porcelaine et même les luminaires en verre en adoptent le motif ; quant au mobilier, il est en partie fabriqué à partir d’anciens tambourins récupérés par la propriétaire. On les retrouve sous forme de tables et de tabourets dans deux peintures de Vincent van Gogh, Au Café : Agostina Segatori au Tambourin et Panier avec pensées de 1887.


D’autres tambourins décoraient la salle, portant parfois le dessin d’un artiste, d’autres quelques lignes de poètes. 


Édouard Manet, Danseuse et Majo, 1879
Édouard Manet, Danseuse et Majo, 1879

Ce n'était pas une première puisque la peau d’âne des tambourins avait déjà inspiré nombre de peintres, dont Édouard Manet avec Toréador saluant ou Chaussons de danse,à la fin des années 1870,  Paul Gauguin s'y est également essayé en 1886 avec Fruits, décor de tambourin, et c’est au tour d’Henri de Toulouse-Lautrec deux ans plus tard de peindre son Au Cirque : Écuyère sur un tambourin.



Plat chaud contre peinture fleurie



Un peu comme au Grand Bouillon-Restaurant du Chalet, Vincent van Gogh avait trouvé des repas gratuits et en échange, fournissait une production régulière de toiles, principalement des études florales. 


Émile Bernard se souvient que la frénésie créative de Van Gogh avait fini par transformer la salle de restauration en un jardin artificiel, ses fleurs tapissant littéralement les murs. Quant à Ambroise Vollard,  il rapporte y avoir croisé le peintre hollandais qui accrochait l'une de ses toiles de Tournesols.


Sauf que le peintre considérant cet accrochage un simple prêt, leur relation amicale ou amoureuse révolue, il s’attendait à ce que les toiles lui soient restituées, mais la propriétaire en  disposa autrement.


À la liquidation de l'établissement, l’ensemble des peintures de Vincent fut mis aux enchères par lots de dix et vendu pour des montants dérisoires, ainsi que le reste du mobilier.



L’exposition japonaise de Van Gogh



Dès son inauguration, la salle avait servi de galerie aux peintres et c’est ainsi qu’Édouard Dantan ou même Jean-Léon Gérôme y avaient exposé.


Au début de l'année 1887, Vincent y organisa une exposition d'estampes japonaises acquises en grand nombre auprès du marchand Bing.


Vincent van Gogh, Agostina Segatori au café du Tambourin, 1887
Vincent van Gogh, Agostina Segatori au café du Tambourin, 1887

L’entreprise sur le plan financier fut un désastre, mais Vincent eut plaisir à se rappeler que ce fut l’occasion pour ses amis du petit boulevard, Louis Anquetin et Émile Bernard, de découvrir une nouvelle imagerie qui allait largement participer au développement de leur technique connue sous le nom de cloisonnisme.


Vraisemblablement, les estampes avaient été épinglées aux murs, comme il avait pris l’habitude de faire depuis Anvers et telles qu’elles apparaissent en arrière-plan des portraits qu’il fit de Segatori et du Père Tanguy.





Ce blog s’appuie sur les fiches d'anthologies de sources primaires proposées par Art d'Histoire Académie :


Plus toutes celles insérées en lien dans le blog ci-dessus


Vous pouvez également consulter nos vidéos traditionnelles en libre accès :

La plateforme Art d’Histoire Académie est spécialisée en sources primaires et archives numérisées couvrant la période artistique allant de 1850 à 1910.


Elle propose des vidéos interactives, claires et structurées, accompagnées d’une librairie de plus de mille fiches d’anthologies, composées de 10 000 sources primaires expliquées et contextualisées, consultables dans leur format d’origine.


Que vous prépariez un examen, un concours, une conférence, une exposition ou une publication, Art d’Histoire Académie vous accompagne. Le dédale des archives redevient simplement ce qu’il devrait être pour tout chercheur passionné : une source d’inspiration et une aire de réalisation.

 
 
bottom of page