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Le Scandale des Baigneuse en 1853 : Quand le Réalisme de Courbet affronte le Goût Impérial ?



Au Salon de Paris de 1853, le mouvement réaliste naissant se heurte aux conventions artistiques officielles.


La présentation d'un nu féminin à la présence charnelle inédite provoque la foudre du couple impérial, allant jusqu'à susciter d'étonnants comportements.




La chair crue contre le dogme lissé



En exposant Les Baigneuses en 1853, Gustave Courbet défie l'académisme, qui exige des corps aux proportions lisses et idéalisées, que Zola nomme sucreries de confiseurs. L'historien Léonce Bénédicte précise que l'artiste avait pourtant tenté de masquer partiellement les formes opulentes de son modèle sous un linge, suivant les recommandations de ses proches.


L'œuvre choque néanmoins par sa plasticité — un modelé cru insistant sur la lourdeur d’une chair débordante. La photographie était d’ailleurs passée par là, Courbet n’en cachant pas les défauts qu’un académicien aurait lissé. 


Rosa Bonheur, Le Marché aux chevaux, 1852-55
Rosa Bonheur, Le Marché aux chevaux, 1852-55

Cet affrontement visuel engendre une anecdote féroce. Selon les récits de Pierre-Joseph Proudhon et de Léonce Bénédicte, l'impératrice Eugénie venait d'admirer Le Marché aux chevaux (1852-1855) de Rosa Bonheur. Après qu'on lui eut expliqué que la morphologie de ces robustes chevaux de trait, appelés percherons, différant des élégants coursiers andalous, la souveraine découvre la toile de Gustave Courbet.

 

Gustave Courbet, Les Baigneuses, 1853
Gustave Courbet, Les Baigneuses, 1853

Stupéfaite par les volumes du modèle féminin, elle s'enquiert de savoir s'il s'agit également d'une percheronne. Une comparaison de la peinture de Rosa Bonheur avec les Baigneuses de Courbet confirme l'acuité de la remarque : la lourde croupe du cheval fait visuellement écho à la vue de dos de la baigneuse.


Les historiens Léonce Bénédicte et Georges Riat rapportent que Napoléon III, lors d'une inspection préalable, avait lui-même cravaché la toile pour marquer son mépris.



La provocation comme arme politique



Loin de se soumettre, l'artiste envisage une riposte médiatique. Georges Riat rapporte que le peintre regretta amèrement de ne pas avoir choisi un support plus fin : une déchirure causée par la cravache de l'empereur lui aurait fourni le prétexte idéal pour intenter un procès à l'administration qu’il aurait souhaité retentissant.


En 1853, l'acquisition des Baigneuses par Alfred Bruyas est symptomatique de la rupture entre l'administration et un public émergent qui rejette désormais les douceurs conventionnelles du Salon. Édouard Manet qui expose douze ans plus tard son Olympia, rejouera le scandale, plus fort encore mais pour des raisons comparables : le nu était le parangon de l'école française strictement normée, Courbet comme Manet en bafoue les sacro-saintes règles. 



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